Philippe moissonnier

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Une politique volontariste pour le coeur de ville de Lunel

Une politique volontariste pour le coeur de ville de Lunel

Rénover, loger, dynamiser

La démolition de l’ilot Alsace-lorraine est en cours afin de laisser la place à des logements sociaux.

Si cette opération faisait partie des promesses de campagne du Maire elle était déjà fortement engagée bien avant les élections municipales puisqu’un accord avec ACM opération social de la métropole montpelliéraine avait été passé, englobant la maison Kourtel et des terrains en zone nord à côté du lycée Victor Hugo.

Cette décision aurait fait partie de l’héritage de tout autre candidat élu.

Les Lunellois en offrant un troisième mandat au maire ont tranché la question (et aussi celle des arènes).

Pour ma part une fois élu j’aurais annulé cette opération car s’il est un endroit de Lunel où il ne faut plus densifier au travers de la construction d’habitat collectif, c’est bien le centre-ville de Lunel.

L'ilot Alsace-Lorraine aurait laissé place à un square public verdoyant et à une maison de quartier, dotée d'un budget participatif et auto gérée par les habitants.

Lunel doit réinvestir son centre avec pour objectif, qu’il soit le quartier commun à tous les quartiers, à l’échelle de la ville comme à celui du territoire du Pays de Lunel.

Emblématique de notre cité, ce cœur historique a une fonction particulière : promouvoir les rencontres, les échanges, favoriser le lien social.

C’est pour cela qu’il a non seulement besoin d’habitants et donc de logements dignes de ce nom mais qu’il a aussi besoin de commerces, de culture, de loisirs et de services ; ce faisant il peut constituer une belle opportunité pour toutes les catégories de la population qui ont avantage à y habiter pour trouver une proximité de services et une facilité de déplacements à pied et de transports en commun pour peu qu’une offre existe.

Malgré des constats  unanimement partagés et renouvelés (manque de logements de qualité, difficultés de stationnement, ghettoïsation, déprise commerciale…), dans les études préalables qui se sont succédées depuis plus de vingt ans, les résultats des actions antérieures restent très modestes, et il n’échappe à personne que l’activité commerciale a périclité sous les deux mandats précédents.

Pourtant, la question du logement est le préalable pour accueillir de nouveaux habitants susceptibles d’apporter  une mixité sociale (par le haut) souhaitable, tout en permettant aux habitants modestes de trouver sur place un logement décent.

Ce qui est vrai pour l’habitat, est également vrai pour la revitalisation commerciale et artisanale, la desserte, l’accessibilité, l’entretien, la qualité de l’espace public et architectural.

Compte tenu du contexte actuel il n’est plus acceptable d’attendre trente ans de plus pour espérer voir les 950  logements indécents, insalubres ou vacants du Centre Ville rénovés en logements confortables capables d’accueillir toutes les classes de population.

IL EST TEMPS DE CHANGER LA DONNE

En ce sens le programme de requalification urbaine PNRU annoncé à grand coup de visites ministérielles et qui devrait être d’un montant de 3 millions d’€uros, doit permettre la mise en œuvre de tous les outils disponibles de l’aménagement urbain, pour revitaliser durablement le centre-ville afin de s’y loger, d’y trouver des services et des animations, accueillants et accessibles à tous.

Porter le nombre annuel de logements anciens rénovés à plus de 50 afin d’avoir quasiment éradiqué en 12 ans les plus de 600 logements insalubres et indignes officiellement recensés.

Acquérir et préempter des immeubles, faire étudier leur réhabilitation et  les remettre sur le marché auprès de particuliers ou d’investisseurs que la ville s'emploiera à attirer avec un cahier des charges architectural, fonctionnel et social  qui devra être respecté.

Revitaliser le commerce et l’artisanat, avec l’adaptation et le pilotage de l’offre immobilière, une aide à l’installation de commerces et d’artisans ciblés, en accord avec un projet global piloté par la ville.

Organiser une offre de modes de transport alternatifs à la voiture permettant d’y accéder et de s’y déplacer de façon apaisée : piétonisation raisonnée, modes doux, ronde cadencée d’un minibus de centre ville……

Cette opération de renouvellement urbain est une opération au long cours, l'intervention sur le logement (ou le commerce) nécessite en effet la mise en place préalable d’outils règlementaires qui n’ont été mis en œuvre que partiellement  jusqu’à présent.


Les choix et les orientations arrêtés auront des effets irréversibles pour le demi-siècle à venir.

Au regard des lourdes erreurs du passé qui pèsent aujourd'hui sur la ville et la handicape, je pense notamment à l'urbanisation anarchique et spéculative de la zone nord ou encore de la déportation des commerces du centre ville aux portes de la mer, le droit à l’erreur n’est ni possible ni admissible.

L’état au regard des financements mis en œuvre devra assumer ses responsabilités.